Miracles, Journal d’un confiné (17) -ambroise perrin

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Ambroise Perrin, samedi 28 mars 2020 ancienne heure, suite…

  • et notre solidarité avec l’Afrique ? ça commence là-bas ?

 

  • ça fait maintenant 3 jours qu’on n’a pas retrouvé les ciseaux de la cuisine

 

  • cette nuit à 3h il est 4h, le confinement nous fait perdre la notion du temps, alors l’heure de sommeil perdue, on la rattrape sur une heure confinée, c’est bien ça ?

 

  • une amie au téléphone, un ami commun hospitalisé : elle, elle a préparé des mots pour le Samu, les voisins de palier, ses filles, son ex, pour les pompes funèbres et petite cérémonie sympa.

 

  • un avion militaire allemand survole l’Alsace, il est venu chercher des malades pour des hôpitaux dans la Ruhr. Je pense à l’oncle vosgien qui était parti là-bas, en 1943, réquisitionné pour le STO

 

  • le lilas dans la cour commence à fleurir

 

  • des vocalises au loin, un chant ou une agonie, la fenêtre ouverte ?

 

  • le gros con à la Porsche Cayenne a repris ses tours de quartier. Ce n’est pas lui au volant mais une femme

 

  • le monsieur qui mendie affalé à l’entrée du Carrefour City (ex Coop !) s’est endormi, son masque est tombé

 

  • dans la queue on écoute les conversations au téléphone de ses voisins d’attente

 

  • le monsieur deux personnes devant moi : c’est l’escalade mon vieux, c’est l’escalade

 

  • la dame juste devant moi (deux mètres !) arrive à parler sans qu’on l’entende

 

  • on lève les yeux, tiens il y a une dame dans un transat sur son balcon ensoleillé. Elle porte une marinière. Lit-elle Georges Perec ?

 

  • je suis passé mille fois devant, je n’avais pas vu que les chiens assis avaient été transformés en grande verrière, vitres et tôle galvanisée

 

  • radio, 15 jours de plus annonce le premier ministre. Des sociologues enchaînent en évoquant déjà «l’après» et ses conséquences «sociétales»

 

  • entre les deux ailes des immeubles à l’arrière, 80 minutes chrono de soleil vers midi, rituel d’un café les yeux fermés pour prendre une bonne dose de vitamine D. Puis c’est l’ombre

 

  • un pissenlit, mauvaise herbe non arrachée dans le bac à géranium patrimoine alsacien oblige ; en une nuit une tige a poussé, je sème à tout vent, fragile boule nuageuse Larousse transparente, magnifique

 

  • conférence de presse d’Edouard Philippe et experts médicaux pendant une heure et demi, scotché à suivre sur le petit écran de l’iPhone (on n’a pas la télé)

 

  • une vidéo terrible tourne, montage d’une succession de propos apaisants tenus il y a 15 jours par des politiques et des experts, tout va bien, pas chez nous… s’ils se réécoutent, on les plaint !

 

  • Un chiffre au vol à la radio : 6500 morts en Espagne, 838 hier

 

  • 4600 lits d’hôpital fermés l’an passé en France, des milliers d’autres les années précédentes, en raison des équilibres financiers ; on ne se bat pas seulement contre le virus, dit ce toubib, mais aussi contre la logique qui a fait que le virus soit un tel défi. Les moyens qui nous manquent depuis des années, on ne va pas les avoir en 3 jours. Etre en guerre ne fait pas des miracles.

Fierté des ouvriers, Journal d’un confiné (16) –ambroise perrin

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Ambroise Perrin, vendredi 27 mars 2020, suite…

  • dès que ce bordel sera fini, je vais me faire 4 ou 5 jours tranquille à la maison.

 

  • traumatisé, je me lave les mains quand je change de pièce

 

  • alors que tant de gens meurent «par hasard», il y a comme une indécence à faire des projets. L’avenir c’est un jour de plus, «quel que soit le prix»

 

  • moi toujours si critique pour tout, je ne supporte plus ceux qui écrivent qu’ils ne supportent plus ceux qui sont aux responsabilités

 

  • où sont confinés Sarkozy, Hollande et Giscard ? (Balkany lui a annoncé aux agriculteurs qu’il est volontaire pour aller faucher du blé) c’est pas de moi mais trop drôle !

 

  • nous nous plions à de nombreuses contraintes surpassant les libertés individuelles mais justifiées par la Crise. Il faudra être super vigilant quand le foutu virus aura disparu, pour retrouver notre fronde, notre arrogance, le refus des conventions, l’anticonformisme, les critiques impulsives et injustes, les gauloiseries, le mauvais goût, les essentiels blasphèmes, le plaisir de dire merde, la liberté. I have a dream…

 

  • au coin de la rue un jogger s’arrête pour répondre au téléphone : tu t’es déjà fait arrêter ?

 

  • au balcon la dame sérieuse parle à celle du bas pour faire cette confidence, c’est vraiment bien de rester à la maison je crois que je n’aurai plus envie de retourner travailler, vive la guerre !

 

  • Oh ! What a Lovely War, film bien antimilitariste en 1969 de Richard Attenborough

 

  • Ah ! Que la guerre est jolie, avec ses chants ses longs loisirs, cette bague je l’ai polie, le vent se mêle à vos soupirs, Adieu ! voici le boute-selle, il disparut dans un tournant, et mourut là-bas tandis qu’elle, riait au destin surprenant. Guillaume Apollinaire Kostrowitzky, Calligrammes, l’Adieu du cavalier (c’était au milieu de la Guerre de 14)

 

  • fierté des ouvriers qui fabriquent 24h sur 24 les petites bouteilles en plastique pour contenir du gel hydro alcoolique, fierté de participer à l’effort général ; solidarité à tous les étages

à suivre…

La messe à Coviland, Journal d’un confiné (15) -ambroise perrin

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Ambroise Perrin, jeudi 26 mars 2020 au soir, suite…

  • Des ambulances vers la clinique de l’Orangerie, au bout de la rue Geiler… Coviland, c’est le nom donné aux étages « réservés » de l’hôpital

 

  • Toujours ma voisine de balcon : pour la première fois de ma vie, 6 jours de suite sans me maquiller !

 

  • Ma cafetière est en panne, impossible j’imagine de trouver quelqu’un pour la réparer (mais je vais me débrouiller)

 

  • Et oui, ça y est, j’ai réussi à réparer la cafetière moi-même

 

  • Une chaîne de 1 million de Je vous salue Marie pour combattre le coronavirus ; on devrait aussi sacrifier des moutons sur les balcons, couper des bouts de zizis pendant les applaudissements. Le virus a-t-il pénétré les Caves du Vatican ?

 

  • Si les religieux s’en mêlent, on est foutu, au secours Charlie Hebdo !

 

  • Vite, des blasphèmes !

 

  • Des soignants d’un EHPAD décident de rester confinés avec leurs patients âgés 24h sur 24 pour ne pas risquer de faire entrer le virus : la beauté pure de l’âme humaine

 

  • Masques en masse, promesses ; on dirait un nom de code, comme coke en stock

 

  • L’Europe au secours (vraiment ! des milliards) de l’économie. Et ceux qui ont voté contre l’Europe, ils disent quoi ?

 

  • 20h, applaudissements, guère plus long qu’une minute de silence. Et comme à la messe, ça commence avec deux minutes d’avance, mais maintenant nous sommes des habitués sur nos balcons, toujours les mêmes, nous nous saluons…

 

  • une fille de 16 ans meurt du coronavirus : ce ne sont plus que « les vieux »

 

  • la débrouille dans les superettes, des panneaux plexiglas bricolés devant les caissières contre les virus sauteurs

 

  • vider le congélo, bonne idée ? peut-être garder des réserves ? encore combien de temps ?

à suivre…

 

Choléra, Journal d’un confiné (13) –ambroise perrin

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Ambroise Perrin, mercredi 25 mars 2020, suite…

 

  • Je laisse la parole à un confiné que je lis beaucoup, Gustave Flaubert ! En 1850 il est en quarantaine à Beyrouth en raison d’une épidémie de choléra ; il est en route pour une « expédition scientifique » en Egypte avec son ami Maxime du Camp qui y fera les toutes premières photographies de pyramides. Flaubert s’ennuie, (cent ans de solitude) c’est un voyage de plus d’un an, sauf quand il rend visite à des danseuses… lascives (l’amour au temps du choléra). En fait il cogite déjà le scénario de Madame Bovary et prend le temps d’écrire des lettres. Voilà, à sa cousine Olympe Bonenfant, le 23 juillet 1852. (voir le site Flaubert -merci Yvan Leclerc- de l’Université de Rouen)

 

  • «Nous sommes en ce moment en suspicion de choléra parce que le paquebot qui nous a amenés d’Alexandrie ici avait touché à Malte et qu’à Malte quinze jours auparavant il y avait eu deux cas de choléra. Conséquemment nous sommes claquemurés dans une presqu’île et gardés à vue – L’appartement dans lequel je t’écris n’a ni chaises ni divans ni table ni meubles ni carreaux aux fenêtres – on fait même petit besoin par la place des carreaux des dites fenêtres, détail que tu trouveras peut-être superflu, mais qui ajoute à la couleur locale – il n’y a rien de plus drôle que de voir nos gardiens qui communiquent avec nous à l’aide d’une perche, font des sauts de mouton pour nous éviter quand nous les approchons, et reçoivent notre argent dans une écuelle remplie d’eau – hier au soir, Sassetti a manqué faire à l’un d’eux dégringoler l’escalier à grands coups de pied dans le bas des reins – Pour nous purifier cet imbécile était venu nous empester avec des fumigations de soufre. Notre malheureux groom était déjà presque asphyxié et toussait comme cent diables enrhumés – Quand on veut leur faire des peurs atroces, on n’a qu’à les menacer de les embrasser – ils pâlissent – En résumé quoique nous soyons présentement dans un local de nom funèbre nous rions beaucoup – d’ailleurs nous avons sous les yeux un des panoramas comme on dit en style pittoresque des plus splendides du monde – la mer bleue comme de l’eau d’indigo bat les pieds du rocher sur lequel nous sommes huchés. Elle est si transparente que lorsqu’on descend au bord, on voit dans l’eau nager les poissons, et remuer au fond les grandes herbes et les varechs qui s’inclinent et se redressent au mouvement des vagues.» (Lettre de Flaubert à Olympe Bonenfant, du lazaret de Beyrouth, 23 juillet 1850.) En ligne: https://flaubert.univ-rouen.fr/jet/public/correspondance/trans.php?corpus=correspondance&id=13630

 

  • Les monuments ou les varechs, Flaubert a toujours aimé les érections. Il y a un livre formidable, Flaubert en Egypte, de Pierre-Marc de Biasi, à lire enfermé dans une pyramide

à suivre…

Football, Journal d’un confiné (12) –ambroise perrin

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Ambroise Perrin, mardi 24 mars 2020, bien tard, suite…

  • Je me souviens du très beau titre d’un recueil de nouvelles de Raymond Carver, traduites par Jean Vautrin, Les Vitamines du Bonheur

 

  • Comment ne pas s’effondrer lorsqu’on apprend que quelqu’un de plus cher est (peut-être ?) contaminé ?

 

  • Polémique sur l’ouverture des marchés en plein air… au début du confinement on se dit que c’est le bon moment de vider le congélateur ; maintenant, faire des réserves ?

 

  • Y’a-t-il à nouveau des pâtes et du PQ au Carrefour Express du bout de la rue ?

 

  • Dans la file : passez devant monsieur… merci mademoiselle… normal, vous êtes plus âgé ! terrible, le virus donne vraiment un coup de vieux ?

 

  • La marchande de journaux vend 30% de plus de cigarettes, non que les gens s’ennuient et fument plus, mais parce que la frontière avec l’Allemagne, où c’est moins cher, est fermée

 

  • Le client derrière moi : excellent, la fumée, pour brûler le virus dans les poumons. Il a l’air sérieux.

 

  • Trois agents de police sortent d’une voiture banalisée, sans masque, arrêtent une voiture : le conducteur semble de bonne foi : mais je porte des gants, ça va !

 

  • De faux gendarmes donnent de fausses amendes de 135 euros à payer immédiatement sur place.

 

  • Lettre recommandée avec accusé de réception pour un rappel de PV de stationnement (que j’ai contesté, en vain bien-sûr) ; bravo l’administration fiscale, vous vous ennuyez ? J’imagine les zélés fonctionnaires jubilant en télétravail à traquer les retards de paiement (en principe il faut payer avant de contester !)

 

  • La vie continue

 

  • Strasbourg capitale européenne, mais les Européens, selon leur « nationalité » vivent le virus bien différemment. Quelle occasion manquée de surmonter les nationalismes pour un combat commun harmonisé contre le coronavirus

 

  • 17 janvier 1995, François Mitterrand dans l’hémicycle du Parlement européen à Strasbourg (j’y étais !) : le nationalisme c’est la guerre !

 

  • Emmanuel Macron, six fois de suite : nous sommes en guerre !

 

  • Ton Prof en Pyjama, chaîne lancée sur You Tube par une strasbourgeoise. De mon temps (avant le virus) les profs portaient obligatoirement la cravate et une blouse grise, sauf en sciences nat’, elle était blanche.

 

  • la FDSEA a besoin dans le Nord de l’Alsace de 800 paires de bras pour récolter les asperges –à deux mètres de distance- et remplacer les étrangers bloqués à la frontière. Sympa la fédération promet gel et masques. Y’a un stock ? Elle offrira aussi une botte à chaque infirmière

 

  • Le Paris-Saint-Germain (c’est un club de football) fait un don de 100 000 € au Secours Populaire pour les plus précaires

 

  • Liste des salaires mensuels, hors primes et hors gains publicitaires (source : l’Equipe, quotidien sportif de référence) de 10 joueurs du Paris-Saint-Germain ; ça va prendre quelques lignes : Neymar, 3,06 M€ par mois (oui, millions) ; Mbappé 1,91 M€ ; Silva 1,5 M€ ; Cavani 1,345 M€ ; Marquinhos 1,2 M€ ; Verratti 1,2 M€ ; Di Maria 1,1 M€ ; Navas 1 M€ ; Icardi 800 000 M€ (seulement) ; Parades 750 000 M€ ; Perrin Ambroise non communiqué M€ (c’est une blague, j’ai jamais marqué un but)

 

  • merci pour ce don

 

  • rigolos, la générosité et l’indignation

à suivre…

Sans-Abri, Journal d’un confiné (11) –ambroise perrin

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Ambroise Perrin, lundi soir 23 mars 2020, suite…

  • pas dehors depuis 2 jours. Je sors chercher les journaux, 13 minutes en marchant vite, attestation en main. On croise d’autres piétons, on s’écarte ostensiblement, regards entendus, presque complices et, même sourire dans l’adversité

 

  • sauf cet imbécile arrogant qui s’approche sans ciller ni dévier de sa ligne et qui vous croise d’un regard qui dit « pauvre con »

 

  • Robert de Niro dans un spot télévisé supplie les Américains de rester chez eux, contredisant Trump qui s’inquiète surtout de la chute de l’économie et de ses affaires ; il conclut en plissant des yeux comme dans The Deer Hunter, Voyage au bout de l’enfer, « I’m watching you », je vous surveille

 

  • Voyage au bout de la nuit, aussi avec un salopard de virus, la haine des juifs

 

  • relu du coup à l’instant un chapitre au hasard, qu’est-ce que c’est bien écrit !

 

  • devant le Carrefour Express, une queue de 28 personnes, soit 50 m sur le trottoir ; il est toujours là le monsieur qui propose un seul exemplaire chiffonné de la revue Sans-Abri 2018, mais le monsieur porte un masque pour demander une pièce, bonjour madame, au revoir madame

 

  • je lis « Macron en visite chez les SDF c’est Clemenceau dans les tranchées »

 

  • donner du sens, comme un sémiologue, signifier la solidarité de la nation, de nous tous citoyens. Je me souviens qu’Emmanuel Macron, alors ministre, avait cité à l’Assemblée nationale le poète latin Terence, connu pour ses formules brillantes et en même temps sa réflexion philosophique et morale.

 

  • donner aussi une pièce

à suivre…

Flaubert, Journal d’un confiné (10) –ambroise perrin

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Ambroise Perrin, lundi 23 mars 2020, suite…

  • salut ! tu étais où ce week-end ?

 

  • appel aux coiffeurs et coiffeuses : une vidéo pour se couper soi-même les cheveux devant une glace

 

  • des textes (sans mention de source évidemment) diffusent des rumeurs de couvre-feu, d’armée au coin de la rue etc. Réponse d’un conseiller politique de mes amis «bien informé» dans les arcanes du pouvoir: bientôt obligation de sortir uniquement entièrement nu (avec l’attestation en main) car le virus fusionnerait avec le coton.

 

  • on va vieillir plus lentement en restant à la maison

 

  • envie de voir des westerns avec de grandioses paysages

 

  • Blablacar réservé pour faire l’aller-retour salon – salle de bain

 

  • jouons ! Et si le confinement avait commencé … 3 jours avant votre mariage ? la veille de votre accident de voiture ? la semaine de votre bac ? pendant vos vacances sur une île déserte ?

 

  • quand Sarkozy était président, les journalistes avaient lancé une boutade, 24h sans parler de Sarko. Une journée sans parler du virus ? (pas sympa pour Sarko, je sais…)

 

  • un autre jeu : toi tu choisis le mot confinement, moi coronavirus : on allume la radio… et le premier dont le mot est prononcé a gagné (je sais l’heure est grave, alors jouer ??)

 

  • tous ces téléspectateurs seuls devant leur poste. La solitude. Le solitaire a besoin de s’identifier à un double, un personnage qui lui ressemble et pourtant le magnifie

 

  • oubliez enfin les milles raisons qui vous retiennent où vous êtes, ou apprenez-moi à vivre où vous n’êtes pas. Quand les blessures sont mortelles, tout secours devient inhumain. Nous entretenons de « dangereuses liaisons », aussi avec le confinement

 

  • l’Unesco met gratuitement sa bibliothèque numérique en ligne, 19147 articles en français sur 193 pays entre 8000 ans av J.-C. et 2000. https://www.wdl.org/fr  J’ai cliqué sur « Flaubert », 4 articles passionnants. J’ai cliqué sur « coronavirus », 0 résultats. C’est rassurant ?

à suivre…

au Balcon d’Alphaville, Journal d’un confiné (09) –ambroise perrin

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Ambroise Perrin, dimanche 22 mars 2020, suite…

  • 22 mars, bonjour Cohn-Bendit !

 

  • Kenny Rogers, la star de la Country music, est mort hier. Je rêve de louer une Ford Torino V8 vert foncé et de parcourir tous les états des States d’un festival à l’autre

 

  • dimanche dernier j’étais assesseur du Bureau de Vote de la Grange-aux-Dîmes à Wissembourg… 573 votants sous mon nez dans la journée, c’était il y a un siècle

 

  • allocution répétée du ministre de la santé qui courtoisement défend ses prédécesseurs. Politesse balayée par un grand ponte toubib : non on n’en est plus là, cela fait tant de temps qu’on alerte sur le manque de moyens…

 

  • médecins, infirmiers, soignants, policiers, gendarmes, pompiers, ambulanciers tous des héros en blouse blanche ; « tu veux faire quoi quand tu seras grand ?»: vocations stimulées…

 

  • faire la liste de toutes les initiatives individuelles de solidarité, imprimer des attestations, prêter sa voiture à une infirmière, apporter des repas à l’hôpital etc.

 

  • Mulhouse de la région Grand Est à la radio… on ne dit plus en Alsace

 

  • les Dernières Nouvelles d’Alsace le dimanche à la boulangerie

 

  • à la Une, manchette : à Sierentz un client achète 583 boîtes de conserve d’un coup. Et un commerçant les lui a vendues ?

 

  • Huguette Dreikhaus titre son billet d’humeur : Ce soir, j’ai balcon. Super humour pour applaudir la bravoure du personnel médical

 

  • un gars qui se promène à 20 heures lève les yeux et crie : ça ne sert à rien d’applaudir il n’y a même pas d’infirmière dans la rue !

 

  • ma voisine de balcon : heureusement que la connerie n’est pas remboursée par la sécurité sociale

 

  • serons-nous tous moins cons à la sortie de l’épidémie ?

 

  • encore la radio, des témoignages de solidarité : nous ne sommes pas des individus mais des personnes, des gens

 

  • une voisine sonne à la porte : « recule d’un mètre ! », elle est complétement bourrée: « j’ai pas peur de crever du virus !» et elle tourne les talons, s’enfuit

 

  • trois heures du matin, j’improvise un croque-monsieur, ce n’est pas le bon pain, pas de gruyère, pas de jambon en tranche, mais c’est pas mal

 

  • France Culture fait la classe à la radio

 

  • un médecin hospitalier soignant vient de décéder

 

  • 1000 morts de plus en Italie

 

  • Les drones Big Brother survolent la ville (ce n’est pas le titre d’un film de science-fiction, c’est déjà vrai à Paris)

 

  • on brûle encore des voitures dans les cités le week-end. « on» ?

 

  • l’amende pour sortie sans attestation passerait de 35 à 1500 €. Dissuasif pour «on» ?

 

  • un auditeur en direct au Téléphone Sonne de France Inter, l’amende serait de 25000€ en Allemagne, la journaliste incrédule fait répéter

 

  • dimanche ; quelle est votre religion ? Je crois aux données immédiates de la conscience, Alphaville, Lemmy Caution, Eddie Constantine. Ville déshumanisée. Godard cite Borges et Bergson, Nietzsche et Éluard

 

  • quel âge à Godard ? (89 ans)

 

  • la répression, des amendes ou des appels à la conscience ?

 

  • La Fontaine, les Animaux Malades de la Peste : ils ne mouraient pas tous, mais tous étaient frappés. Le lion tint conseil. Voyons sans indulgence l’état de notre conscience. Je me dévouerai donc, s’il le faut. (1678)

 

  • 16h50, les cloches de St Maurice à toute volée, le glas ?

 

  • le soleil de retour, ouvrir la fenêtre, se pencher pour avoir le visage au soleil, fermer les yeux, attendre…

à suivre…

Pommard, Journal d’un confiné (08) –ambroise perrin

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Ambroise Perrin, samedi après-midi 21 mars 2020, suite…

  • les barbus, voilà les coupables ! Les postillons, les microbes, tout va dans la barbe ! Il faut raser les barbus pour combattre le virus ! Comme les femmes qui couchaient avec les Allemands ? Non, ça n’a rien à voir, juste l’image d’une foule vengeresse les ciseaux à la main

 

  • je crois aux forces de l’esprit avait conclu Mitterrand pour ses derniers vœux de Nouvel An

 

  • des boulangers de Colmar offrent des croissants chaque matin au personnel hospitalier. Ce n’est pas grand chose mais c’est sympa

 

  • les maires interviewés sur France Info disent des trucs censés et humains ; le virus a tué la langue de bois

 

  • la gestion des cadavres… charnier… des images de la dernière guerre

 

  • la construction de l’hôpital de campagne militaire a commencé ce matin à Mulhouse. On en parle depuis une semaine, les chinois eux…

 

  • vous avez de bonnes bouteilles à la cave (descendre sans croiser les voisins) ; version pessimiste, commencez par les meilleures ; version optimiste, commencez par les meilleures

 

  • le confinement sera terminé plus vite que votre cave à vin

 

  • les mains… dès que je touche quelque chose dans l’appartement, envie d’essuyer, besoin de me laver au savon

 

  • il y a comme une jubilation à se soumettre à une ritualisation ; entrer dans le moule

à suivre…

Il pleut, Journal d’un confiné (07) –ambroise perrin

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Ambroise Perrin, samedi matin 21 mars 2020, suite…

  • 12 morts dans un seul EHPAD, nouvelle terrible, le moral va baisser…

 

  • en Italie, 400 morts par jour, l’enfer

 

  • radio, le journaliste jubile à l’idée de mettre en prison les contrevenants récidivistes, ceux qui ne respectent pas le confinement, et pose la grave question pleine d’humanité des policiers qui font leur travail, risqué, de les arrêter

 

  • des policiers sanctionnés par des gendarmes pour manque « d’attestation de déplacement dérogatoire » sur eux

 

  • c’est bête, j’ai pleuré en applaudissant hier à 20h

 

  • je me souviens d’un film formidable de Robert Wise, The Day the Earth stood Still, le Jour où la Terre arrêta de tourner ; je me souviens d’autres larmes, en cachette, quand j’ai lu Tombée du ciel dans la Bibliothèque Rouge et Or

 

  • j’ai aussi pleuré en lisant Sans Famille (en 2 tomes, collection Nelson, je les ai toujours) d’Hector Malot, rangé quelque part, sur la première jaquette Rémy marche dans la neige avec ses chiens, sur l’autre il est au fond d’une mine inondée…

 

  • confiné, retomber en enfance, ou plutôt, retrouver l’enfance ?

 

  • il pleut

 

  • le « corona-million », le jeu avec des gagnants qui remportent ½ heure, 1 heure ou avec les 6 numéros dans l’ordre une journée entière pour sortir se promener dans la forêt ! Quand le soleil sera revenu.

à suivre

Le flou, Journal d’un confiné (06) –ambroise perrin

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Ambroise Perrin, vendredi 20 mars 2020, suite…

  • passer du temps sans porter mes lunettes de vue (j’ai des lunettes depuis l’âge de 4 ans à l’école maternelle, je n’ai jamais joué au football pour ne pas casser mes lunettes)

 

  • le flou isole bien, on est encore plus seul, comme si l’on devenait sourd

 

  • il y a du beau soleil mais c’est comme si je culpabilise d’être dehors ; je me rends compte que j’ai perdu mon attestation tombée en marchant, de la poche arrière de mon jeans, je la retrouve sur le trottoir en revenant du marchand de journaux, heureusement je n’ai pas été contrôlé.

 

  • je fais un calcul de tout ce qu’il y a dans les rayonnages, ici, les bibliothèques à Wissembourg et Bruxelles, les cartons pleins, partout, peut-être cinq, ou dix mille bouquins, il me faudra un siècle de confinement

 

  • heureusement je radote comme Cocteau : les livres ne sont pas fait pour être lus, mais pour être là

 

  • je prends dix livres au hasard : pas un qui ne me soit inconnu

 

  • jouons au confinement, je me fais des piles de dix livres, et je ne lis que les pages 13 (je suis né un vendredi 13 mars) : très marrant le cadavre exquis. Et bien-sûr envie de tricher, lire avant et après.

 

  • l’argent sale ? les pièces rendues par la marchande de journaux portent-elles le virus ?

 

  • ronron des témoignages à la radio, « allô Macha » c’est loin… empathie des journalistes, les bons sentiments dégoulinent, qui oserait se moquer ?

à suivre…

Veste, Journal d’un confiné (05) -ambroise perrin

https://afp-ambroise-fiction-presse.com/2020/03/19/journal-dun-confine-mardi-17-mars-2020-midi-ca-commence/

Ambroise Perrin, jeudi midi 19 mars 2020, suite…

 

  • échanger des DVDs avec les voisins, comme dans la séquence des lépreux de Ben Hur, on descend un panier d’un balcon à l’autre

 

  • je sors acheter les journaux, est-ce toujours un produit de nécessité ?

 

  • avenue de la Robertsau, la boutique. En fait c’est ouvert uniquement pour les jeux de loto et de grattage. Y’a plus ni le Canard ni Charlie, je me fais presque engueuler, je demande un « virus gagnant » à gratter, personne ne rigole (on est trois faisant semblant de garder nos distances)

 

  • presque content de remonter dans l’appartement après 10 minutes dehors, comme retrouver un havre.

 

  • je redécouvre le plaisir de recoudre un bouton ; je ressors ma veste en velours grise, la poche et la doublure déchirée sur 15 cm, je vais faire la reprise méticuleusement

 

  • les costumes remisés dans la penderie, je ressors des tee-shirts pas mis depuis des années

 

  • qui s’inquiète de moi ? finalement personne, j’ai envoyé quelques messages, je n’avais rien à dire. Et souvent en réponse un dessin humoristique ou une vidéo dérisoire

 

  • les inconscients qui ne respectent pas les consignes et se baladent dehors : les suivre à la trace de leur téléphone portable. Les salauds (parce qu’ils légitiment le flicage, on va bientôt applaudir les mesures fachos)

 

  • plus qu’un seul repas par jour, le soir ; pourtant on a le temps de cuisiner

 

  • A la Recherche du Temps Confiné

 

  • A l’instant une Porsche Cayenne noire tourne à toute vitesse dans le quartier ; on va aux fenêtres ouvertes observer. Ce n’est pas un petit con mais un gros con, on le connaît, il possède plusieurs commerces, il profite des rues désertes.

à suivre…

 

Pyjama, Journal d’un confiné (04) -ambroise perrin

https://afp-ambroise-fiction-presse.com/2020/03/19/journal-dun-confine-mardi-17-mars-2020-midi-ca-commence/

Ambroise Perrin, jeudi matin 19 mars 2020, suite…

  • fini les coiffeurs, tous les garçons auront les cheveux longs, hippie-confinée-génération

 

  • où ai-je mis mon exemplaire des Matins Bruns ?

 

  • plus personne dans les rues, les oiseaux reviennent

 

  • arrêter de répondre du tac-au-tac aux e-mails et whats’app

 

  • les voisins bricolent dans l’immeuble fenêtres ouvertes et font un boucan infernal

 

  • ne pas rester en pyjama, s’habiller

 

  • aujourd’hui laver les carreaux de tout l’appartement (pas fait depuis au moins 5 ans)

 

  • de quoi parlerait France Info et France Inter s’il n’y avait pas le virus ? quelle actualité dans le monde ?

 

  • idée, diffuser les journaux radio (et télévisés ?) d’il y a un an ! Rechercher dans les piles de quotidiens et de magazines à côté du lit ceux de 2019

 

  • un auditeur à la radio, je vais voir ma copine deux ou trois fois par semaine, et bien-sûr ma femme ne le sait pas, c’est avec elle que je suis confiné, comment je fais?

 

  • la culture l’emportera toujours, je lis de belles chroniques dans Libération et Le Monde

 

  • jamais je n’ai autant arrosé les plantes, sur l’étagère de la cuisine et au balcon

 

  • la météo annonce du beau temps ! on s’en fout ! cyniques oiseaux de malheur !

 

à suivre…

Tintin, Journal d’un confiné (03) -ambroise perrin

 

Ambroise Perrin, mercredi 18 mars 2020, suite…

 

  • on n’a plus d’heure ! lire jusqu’à cinq heures du matin

 

  • trier des photos

 

  • Jean-Paul Kaufmann, otage, lisait et relisait le seul livre qu’il avait, le tome 2 de Guerre et Paix. Le livre, la survie

 

  • faire ce que l’on n’a jamais fait, juste pour voir : cela fait 30 ans que je n’ai pas lu une bande dessinée. Tintin au Tibet retrouvé à plat dans le placard à chaussures. Lu d’une traite, le scénario est génial !

 

  • je pense soudain qu’il faudrait écrire un testament ; pas envie, la flemme.

 

  • 6h du mat et je suis encore debout : me faire un planning journalier sinon le temps va passer trop vite et je n’aurai rien fait.

 

  • On peut se faire livrer de la bouffe ; comment acheter Libé et Le Monde (papier !) sans sortir ? une attestation sur l’honneur et sur papier libre que c’est pour moi un produit de nécessité ?

 

  • Je me souviens de mon cri de guerre chez les scouts : Bagheera plein crocs ! dans l’équipe des Barzoïs. Kipling et Jack London, je jouais à prononcer bague et rat, blanc croc !

 

  • Fin du confinement le 1eravril ? sans blague…

 

  • maintenant la baguette me manque au petit déjeuner (d’habitude je prends juste un café en courant )

 

  • tout se fige, on vit donc sur des acquis, et on économise, PQ, pâtes, etc. Et ceux qui n’ont rien au départ ?

 

  • bientôt le changement d’heure, chouette, on pourra rester plus longtemps à la maison !

 

à suivre…

Hérisson, Journal d’un confiné (02) -ambroise perrin

suite… mardi, 17h. Au sortir de la crise, serons-nous plus aimable ?

  • chaque fois qu’une voiture passe, on se dit tiens un tricheur

 

  • tout le monde m’appelle, pour me donner des consignes

 

  • messagerie whats’app envahie par des dessins et des vidéos, c’est pas toujours rigolo ; ça tourne.

 

  • ça ne fait pas dix heures que nous sommes confinés et déjà je me fais engueuler , fais-ci, fais-ça, oui, oui…

 

  • personne ne fait de caresse à un hérisson apprivoisé

 

  • j’aurai le temps de faire tout ce que je n’ai jamais eu le temps de faire , mais pour le moment je n’en ai pas envie

 

  • encore des vidéos rigolotes, les Italiens chantent le bel canto à leur balcon

 

  • message à Bruno à Milan ; ça va ? peut-être idiot de lui demander, mais que dire en signe d’amitié ?

 

  • on a complètement oublié les élections municipales

 

  • un e-mail de la compagnie d’assurance qui exige une lettre recommandée avec accusé de réception ; je réponds non, dans ces circonstances, un e-mail doit valoir un déplacement à la Poste. « Patricia » de l’assurance me répond non c’est pas valable.

 

  • j’essaye de brancher une télé pas regardée depuis des années : que de la neige, il faut une boxe, un câble, la fibre ; je capte une chaîne sur l’iPhone, que de conneries, quelle perte de temps ! TF1 le virus de la bêtise.

à suivre…

Journal d’un confiné (01) mardi 17 mars 2020 midi ; ça commence. -ambroise perrin

Journal d’un confiné – Ambroise Perrin;

notes éparses pour un temps peut-être pas perdu.

Avec le coronavirus et le confinement, plus trop envie de faire de la satire, même si déjà circulent plein de dessins humoristiques et de vidéos parodiques. Il y a des trucs sympas comme pour l’achat de deux bières Corona une Mort subite offerte. Ambroise Fiction Presse dépassée par la réalité. Après 86 dépêches AFP, voici le Journal d’un confiné.

Mardi 17 mars 2020, midi ; ça commence.

  • midi, ça commence. Impression bizarre, pas envie de blaguer. La réalité a dépassé la fiction. En rentrant chez moi, des scénarios dans la tête, toutes les choses que je pourrais faire.

 

  • accro aux infos, France Inter et France Info en continu.

 

  • je me suis toujours dit, quand je serai à la retraite, j’organiserai mon temps, j’aurai le temps pour… confiné pour une semaine, quinze jours ? nous y voilà.

 

  • lire Madame Bovary en continu, peut-être une quarantaine ( !) d’heures, en s’arrêtant seulement 5 minutes à la fin de chaque heure, manger, boire, cabinet ou prendre des notes pour un récit de ce « voyage » dans ma chambre. Bien dormir avant.

 

  • très vite, une autre approche du temps : une demi-heure pour plier le linge, d’habitude en 2 minutes. J’ai même coupé la radio.

 

  • j’espionne mes voisins, le gars au chien est dans la cour.

 

  • je m’invente des histoires, nous sommes sous l’Occupation et il faut tromper les allemands

 

  • tiens, pourquoi pas, une sieste ; je joue à Alexandre le Bienheureux, vive la paresse.

 

 

Confinement virus : rendez-vous dans 9 mois, baby boom

AFP 12 mars 2020

Ambroise-Fiction-Presse

Neuf mois c’est long et c’est court : il faut savoir anticiper. Parmi les mesures qui vont être annoncées par le président de la république pour gérer les conséquences de la crise du coronavirus figurent la réouverture de maternités, la construction de nouvelles crèches et la formation d’aides maternelles en prévision d’un baby boom après le confinement de la population. On se réjouira, précise le ministre de la santé, de savoir que tous les bébés « Corona » naîtront à Noël !

2020-03-12  11h13 ap

Coronavinus : Jésus, danger !

AFP 5 mars 2020

Ambroise-Fiction-Presse

L’évêque de Paris, Mgr Michel Aupetit alerte les fidèles sur les dangers courus dans une église au cours de cette crise de propagation du virus coronavirus. Lui même médecin, Mgr Aupetit, qui a été nommé par le Pape Benoît XVI, a ordonné de vider tous les bénitiers, l’eau bénite où les fidèles trempent leurs doigts pour faire un signe de croix pouvant être un vecteur du virus.

Les prêtres devront refuser de donner les hosties consacrées dans la bouche des fidèles ; de même, les concélébrants de la messe ne communieront plus que par intinction. Et on ne boira plus le vin au calice, Jésus, danger.

2020-03-05  22h13 ap.       …………………………………….  Les lecteurs attentifs de cette rubrique AFP Ambroise-Fiction-Presse noteront que l’ensemble des mesures énoncées ici ne sont pas le fruit d’une imagination satirique. Non, ces consignes ont vraiment été énoncées par l’évêque de Paris ! Quand la réalité dépasse la fiction, un blog d’ironique et joyeuse dystopie peut-il résister et survivre ? Et, pour finir enfin par un trait de satire, un sot trouve toujours un plus sot qui l’admire. Courage !

Combattre le virus de la bêtise au quotidien

AFP 3 mars 2020

Ambroise-Fiction-Presse 

« La télévision fait bien plus de victimes que le coronavirus » a dénoncé le Premier ministre dans une dramatique intervention télévisée, en énonçant différentes mesures pour combattre efficacement la bêtise qui envahit les Français : se laver les mains toutes les deux heures en restant longtemps dans la salle de bain, se déboucher les oreilles à l’aide de cotons tiges issus du développement durable et cesser de regarder TF1.

2020-03-03  23h13 ap

Paul McCartney et Mick Jagger citoyens français

AFP 6 février 2020

Ambroise-Fiction-Presse

Le Brexit, c’est fini, on n’en parle plus ? Deux Britanniques, parmi les plus célèbres, ont attendu que la fièvre du vendredi soir 31 janvier 2020 soit retombée pour finaliser une discrète échappée : Paul McCartney et Mick Jagger ont annoncé ce 5 février avoir obtenu la nationalité française, moins d’une semaine après la sortie effective du Royaume-Uni de l’Union européenne. « Il ne s’agit pas d’une question de fisc, mais de convictions culturelles » ont dit d’une même voix le Beatle et le Rolling Stone.

« Nous sommes avant tout européens, nous donnons des concerts partout dans le monde en tant qu’européens, rester bloqué sur notre île est impossible ! » Mick Jagger possède depuis 1980 à Pocé-sur-Cisse, 1639 habitants, dans l’Indre-et-Loire, une gentilhommière, le château de Fourchette du Duc de Choiseul.Il y passe tous ses étés en s’adonnant à le rénover, client assidu du Bricomarché. Paul McCartney y aurait désormais sa chambre, décorée en style frenchy chic XVIIIe siècle;

Tels Bouvard et Pécuchet, les deux retraités de la chanson vaquent à mille occupations et rêvent de poursuivre leur conquête du monde. Et quand le châtelain Mick Jagger va acheter comme un simple villageois sa baguette farinée bien cuite, la boulangère est heureuse de lui souhaiter une bonne journée en ajoutant « au plaisir de vous avoir donné satisfaction ».

2020-02-06 10h13 ap

La grève, excellente pour les finances de Bercy

AFP 29 décembre 2019

Ambroise-Fiction-Presse

Conséquence directe de la grève des transports en commun, la belle envolée des achats de carburant profite directement aux finances publiques : Bercy se réjouit de l’augmentation « sensible » ces  dernières semaines des recettes de la TIPP, la taxe sur les produits pétroliers.

Ainsi le gouvernement a décidé d’octroyer le statut de réduction fiscale de 66% pour les dons alimentant les cagnottes des grévistes qui contestent la réforme des retraites.

Les associations d’usagers maintiennent quant à elles l’exigence « évidente » de gratuité des trains, des bus et des trams circulant parfois pendant la grève et aussi ensuite pendant une période de temps équivalente lors de la reprise du trafic, à titre de compensation ou de réparation du préjudice subi (article 1240 du Code civil).

2019-12-29 10h13 ap

Disparitions

AFP 22 décembre 2019

Ambroise-Fiction-Presse

Prenant exemple sur le président de la république venant d’annoncer la « disparition » de sa retraite une fois son mandat terminé, Édouard Philippe vient d’affirmer que lui aussi allait faire preuve de renoncement pour stimuler les sacrifices des Français : désormais il n’utilisera plus jamais la voyelle «e» dans ses déclarations de négociations avec les syndicats…

Cette volonté de clarifier le débat a été saluée par une grande partie de la classe politique, même si des voix se sont élevées pour dénoncer un plagiat.

2019-12-22 15h13 ap