Choléra, Journal d’un confiné (13) –ambroise perrin

https://afp-ambroise-fiction-presse.com/2020/03/19/journal-dun-confine-mardi-17-mars-2020-midi-ca-commence/

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Ambroise Perrin, mercredi 25 mars 2020, suite…

 

  • Je laisse la parole à un confiné que je lis beaucoup, Gustave Flaubert ! En 1850 il est en quarantaine à Beyrouth en raison d’une épidémie de choléra ; il est en route pour une « expédition scientifique » en Egypte avec son ami Maxime du Camp qui y fera les toutes premières photographies de pyramides. Flaubert s’ennuie, (cent ans de solitude) c’est un voyage de plus d’un an, sauf quand il rend visite à des danseuses… lascives (l’amour au temps du choléra). En fait il cogite déjà le scénario de Madame Bovary et prend le temps d’écrire des lettres. Voilà, à sa cousine Olympe Bonenfant, le 23 juillet 1852. (voir le site Flaubert -merci Yvan Leclerc- de l’Université de Rouen)

 

  • «Nous sommes en ce moment en suspicion de choléra parce que le paquebot qui nous a amenés d’Alexandrie ici avait touché à Malte et qu’à Malte quinze jours auparavant il y avait eu deux cas de choléra. Conséquemment nous sommes claquemurés dans une presqu’île et gardés à vue – L’appartement dans lequel je t’écris n’a ni chaises ni divans ni table ni meubles ni carreaux aux fenêtres – on fait même petit besoin par la place des carreaux des dites fenêtres, détail que tu trouveras peut-être superflu, mais qui ajoute à la couleur locale – il n’y a rien de plus drôle que de voir nos gardiens qui communiquent avec nous à l’aide d’une perche, font des sauts de mouton pour nous éviter quand nous les approchons, et reçoivent notre argent dans une écuelle remplie d’eau – hier au soir, Sassetti a manqué faire à l’un d’eux dégringoler l’escalier à grands coups de pied dans le bas des reins – Pour nous purifier cet imbécile était venu nous empester avec des fumigations de soufre. Notre malheureux groom était déjà presque asphyxié et toussait comme cent diables enrhumés – Quand on veut leur faire des peurs atroces, on n’a qu’à les menacer de les embrasser – ils pâlissent – En résumé quoique nous soyons présentement dans un local de nom funèbre nous rions beaucoup – d’ailleurs nous avons sous les yeux un des panoramas comme on dit en style pittoresque des plus splendides du monde – la mer bleue comme de l’eau d’indigo bat les pieds du rocher sur lequel nous sommes huchés. Elle est si transparente que lorsqu’on descend au bord, on voit dans l’eau nager les poissons, et remuer au fond les grandes herbes et les varechs qui s’inclinent et se redressent au mouvement des vagues.» (Lettre de Flaubert à Olympe Bonenfant, du lazaret de Beyrouth, 23 juillet 1850.) En ligne: https://flaubert.univ-rouen.fr/jet/public/correspondance/trans.php?corpus=correspondance&id=13630

 

  • Les monuments ou les varechs, Flaubert a toujours aimé les érections. Il y a un livre formidable, Flaubert en Egypte, de Pierre-Marc de Biasi, à lire enfermé dans une pyramide

à suivre…

3 commentaires sur “Choléra, Journal d’un confiné (13) –ambroise perrin

  1. Camarades confinés de tous les siècles… Nous voilà en bonne compagnie, et unissons-nous (en tout bien tout honneur et sans polémique déplacée) aux milliards de femmes qui en ce monde et en leur foyer ont vécu, vivent et vivront semblable situation (et je ne parle pas que de Madame Bovary).

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    1. Dans une fiction, le virus ne touche que les hommes, et les femmes survivent pour rendre le monde meilleur ! Heureusement il reste quelques servants écarlates, dévoués aux causes de Lysistrata ! ces survivants venus des montagnes d’Afrique , d’Asie , d’îles perdues d’Océanie, permettent de créer une société métissée où le nationalisme est une notion obsolète… comme disait Reiser, vive les femmes !

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