Ambroise Perrin

On ouvre les fenêtres et même on ralentit parce que la campagne, ça sent si bon… Bien sûr ce ne sont pas les meules de foin de Van Gogh, et il y a un petit bruit de tracteur pas loin qui enrubanne la balle. On se dit qu’on a de la chance d’admirer cette lumière vive et les lumières expressionnistes suscitent les émotions. Votre dame vous demande, au tournant, d’aller encore plus lentement. C’était il y a cinquante ans, on se promenait dans les champs, juste avant de devenir amants. Et ce beau soir, foin des bocks et de la limonade, des cafés tapageurs aux lustres éclatants, on se dit qu’on n’était pas sérieux quand on avait 17 ans.