Ambroise Perrin
Personne n’est dans la rue, personne ne traîne, les gens qu’on voit sont des gens qui passent, vite. J’observe les gamins de 10 ans, c’était il y a 60 ans, qu’est-ce qu’ils ont changé ! Tous les mêmes, la dégaine, le survêt, les baskets, l’air renfrogné, le nez dans un écran en marchant. Nous étions tous dépareillés, les habits des grands frères et des manteaux bricolés, retournés, le côté usé dedans. Pas de tatouage, mais aux genoux des égratignures rouges de chutes à vélo, les vélos des parents, trop grands pour nos petites jambes.
Les pantalons longs en Tergal, on ne les voyait dans la rue que le dimanche. La promenade faite de détours est sans fin. Mais un jour on s’arrête, non par langueur, mais pour aller de l’avant. L’éternel recommencement se nourrit d’un passé qui s’efface, la mélancolie lasse. Merci à tous les Haguenoviens qui ont reconnu et salué leurs coins de rue dans les Retours et les Détours de ceux des Fourmis.
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Je termine avec cet épisode « 24 » la série « Détours rue des Fourmis » qui a revisité la série précédente, le « Retour rue des Fourmis » dans ma rue d’enfance à Haguenau ; (textes à retrouver en descendant sur ce blog, gratuit, sans publicité ni cookies, et cliquez sur ‘suivre ‘, onglet bleu, pour vous inscrire, important, merci !)
J’y ai observé les détails qui avaient changé dans les maisons, les jardins et les voisins. Je vais maintenant vous proposer une nouvelle série, « T’es sûr que c’est vrai », des récits ancrés dans des lieux bien précis en Alsace où j’emmêle l’histoire locale, la fiction bancale et l’humour pas banal. Un peu comme un guide touristique qui aurait pour ambition d’avoir des lecteurs qui se perdent sur les chemins de la fiction, dans la campagne alsacienne et aux carrefours de l’imagination : bref, une enquête de journaliste de proximité sous l’égide de l’AFP, Ambroise-Fiction-Presse, et un jeu littéraire plein de gaité. Ces textes ensuite seront publiés en livre par les « Editions Bourg Blanc » sous le titre « En vain, d’Alsace » avec une carte, assez inutile, qui permettra de situer les différents lieux évoqués pour que le lecteur phantasme la possibilité, avec d’autres plaisirs, de se rendre sur place, où en principe il n’y a rien à voir, même le livre en main. Pourtant, si vous y croyez, cela raconte tellement bien ce qui s’y est passé… ap
nb: merci de vos commentaires !
Bonjour Ambroise,
j’espère que ça va, en tout cas la fibre littéraire ne cesse de vibrer chez toi. En repassant sur ton blog, j’ai lu un commentaire sur les hannetons (et ta réponse qui m’a touchée : Les hannetons ne sont pas une assurance vieillesse, tout juste une invitation à la mélancolie. Une invitation à la mélancolie… !) Et ça m’a fait penser à un de mes textes, que je t’envoie : Une idée fixe. Où la mélancolie a sa place, sans que son nom soit cité. À bientôt mon cher.
Julien
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Merci Julien, les commentaires font toujours plaisir et je vais lire ton texte avec beaucoup d’intérêt… Les hannetons ou les Beatles c’est vrai, quelle source de joie ! je termine deux bouquins en ce moment, que je me permettrai de t’envoyer pour ton attentive relecture ! « De vain, d’Alsace » et « What’s in a picture » (en français bien évidemment)… À bientôt donc, et si tu passes en Alsace, ou à Bruxelles, tu es toujours le bienvenu…
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