Fiat lux et facta est lux, Journal d’un reconfiné (23) –ambroise perrin

https://afp-ambroise-fiction-presse.com/2020/11/19/salete-de-vingt-ans-journal-dun-reconfine-22-ambroise-perrin/

Ambroise Perrin, jeudi 19 novembre 2020

En guise de dernier soupir il souffla mehr Licht, davantage de lumière. Et Goethe s’éteignit. Certains exégèses traversant la place du café Brant pour saluer la statue du poète amoureux de la fille du pasteur de Sessenheim estiment que ce fut mehr nicht, il y en a marre, ça suffit maintenant. Lumière du jour derrière les rideaux ou lumière de l’éternité au paradis des écrivains, on peut choisir. Un doux et lumineux poème adressé à la tendre Frédérique qui de son attrait sans artifice, de sa sérénité prudente, de sa naïveté réfléchie et de sa spontanéité prévoyante enflammait l’imagination de Johann Wolfgang débute passionnément : Mon cœur a battu…

Terminaux soupirs dans les hôpitaux, les cœurs n’y battent plus et même si l’on observe un ralentissement de la croissance de la courbe de la seconde vague du coronavirus, les soignants sont loin de voir la lumière du bout du tunnel. Un tunnel mortifère et aveugle qui éclaire les articles de presse préférant poser la question puisque l’on est sans réponse : Covid-19, quand verra-t-on le bout du tunnel ?

Gros soupirs des gros marchands de l’Eurométropole strasbourgeoise qui veulent faire des chiffres ensoleillés à Noël et qui ont déjà vu la lumière : des illuminations flamboyantes autour de leurs commerces, avec sapin antimorosité et si notre mobilisation est entendue, vin chaud et bredele. Les clients raisonnables siroteront le jaja collant en respectant les distances sanitaires sous les guirlandes multicolores dont le clignotement éblouissant est l’ADN des clients alsaciens selon l’association des commerçants illuminateurs : nous vous proposerons mille lumières en un parcours scintillant pour des moments magiques. Sauf si Noël est reporté au printemps, ou peut être même après les élections régionales de juin : le petit Jésus en visioconférence le 14 juillet priant pour un virus envolé, des rois mages vaccinés, des contaminés rassurés. Et sous le feu d’artifice la crèche illuminée. 

2 commentaires sur “Fiat lux et facta est lux, Journal d’un reconfiné (23) –ambroise perrin

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