En vain, d’Alsace ; épisode 129 : MON CŒUR DE SILEX

Ambroise Perrin

Attends que je sois en Terminal, pour prendre un amant, en phase terminale. Et j’aimerais bien le rencontrer.

Il est là avec son putain de cancer dans un fauteuil en cuir rouge, commandé par une zapette intégrée, son épouse proteste mollement.

Silence. Il reprend, tu te souviens de Christine ? Gros bêta bien sûr qu’elle se souvient de Christine, elle n’a pas été aveugle à ce point, elle n’avait pas de preuve mais comme elle, elle avait Gérard, et que lui ne s’en doutait probablement pas, elle a fait comme si de rien n’était. Qu’est-ce qu’il lui trouvait à cette pimbêche, avec son air de poupée Barbie rafistolée et son hypocrite gentillesse le jour où ils se sont croisés par hasard à la sortie du TNS ?

Cela lui prend tout d’un coup, l’envie de tout déballer, avant la fin ? Ah non, elle le soigne avec tout son amour, sincère, tendre, désespéré, mais même si un bon moral peut servir la thérapie, pas question d’encaisser le lavage de son âme par le filtre de sa chimio. La règle implicite, c’était on n’en parle pas, alors, pas maintenant, jamais !

Prendre un amant et refaire sa vie ! Sa petite crise de générosité, son pseudo souci de ne pas la laisser seule, merci, ce sera son affaire à elle, il n’aura qu’à les contempler du haut du ciel, et ça ne devrait pas tarder !

3 commentaires sur “En vain, d’Alsace ; épisode 129 : MON CŒUR DE SILEX

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