En vain, d’Alsace ; épisode 119 : À POIL !

Ambroise Perrin

Il a gardé le trousseau de clés en main, il n’avait pas de poche puisqu’il était tout nu. Personne dans l’escalier, dans la rue il fait un peu frisquet, là, tout le monde le regarde !

‘’Un mec à poil’’ a-t-il entendu deux fois de suite. Il a parcouru les 100 m jusqu’au Carrefour Express, sans chaussures ce n’est pas facile les petits cailloux sur le trottoir ; des scrupules mais qui ne pesaient pas sur sa conscience.

À la porte du magasin, très gentiment, une dame lui a demandé ‘’ça ne va pas monsieur, vous voulez de l’aide ? Non ça va, merci beaucoup madame’’.

Petits conciliabules dans les allées, il fait mine de les ignorer, il prend une bouteille de lait frais entier et un paquet de petits sablés. À la caisse, il présente sa montre connectée et il demande ‘’vous avez bien enregistré ma carte de fidélité’’ ?

À la sortie, une voiture de police est déjà là, ils sont très polis, désemparés ; la femme flic à la queue de cheval lui donne une couverture, elle ne sait pas trop quoi dire, elle demande ‘’vous êtes souffrant ? – Non, non j’habite là à 100 m je rentrais chez moi…’’ Le flic au volant est en contact avec son chef, qu’est-ce qu’on fait ?

Bah non, il n’a pas l’air malade, ce n’est pas un exhibitionniste… Pas la peine de l’amener aux Urgences. ‘’Embarquez-le, on verra bien !’’ Le flic rigole : ce qui est certain, c’est qu’il n’a pas sa carte d’identité sur lui !

Au poste, cela devient plus compliqué, on a de l’humour dans la police mais on a aussi des procédures. Que peut-on lui reprocher de s’être ainsi baladé à poil ? L’attentat à la pudeur n’existe plus, il n’y avait pas d’enfants dans les parages, ‘’dites-nous monsieur pourquoi vous vous promenez ainsi, ce n’est pas une rue de naturistes, la rue Geiler ?’’

‘’C’est pour retrouver mon enfance répond-t-il, ou plutôt pour redevenir sauvage, un peu comme un animal, pour sentir cette sensation, tout nu… Je n’ai pas réfléchi, c’est venu comme cela, je suis descendu… Je sais bien que la décence, la morale, les conventions, et même certainement la loi imposent d’être habillé en public. Mais je n’ai fait de mal à personne…

Non, je ne vais pas à la sortie des écoles à poil dans un imperméable, je suis sorti comme cela pour la première fois, et n’ayez crainte je n’ai pas envie de recommencer. J’ai été étonné, personne n’a été agressif à mon encontre. Même pas de rires moqueurs, non, juste un peu de curiosité…

Que vous voulez que j’ajoute ? Vous n’avez qu’à mettre dans votre rapport que c’est un signe de pauvreté, que je suis tellement fauché que je n’ai plus d’habits à me mettre’’.

2 commentaires sur “En vain, d’Alsace ; épisode 119 : À POIL !

  1. Imaginons qu’il s’agissait d’un pari gagné, bravo pour la réussite. Mais n’oublions pas que Georges Lautner disait dans les Tontons flingueurs :  » les cons çà ose tout, c’est même à çà qu’on les reconnaît. « 

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  2. Rêve, réalité ou fiction ?
    L’un des trois cas est possible. Cependant, celui de la réalité interroge et inquiète quant à la limite du discernement: Charlie, il y a dix ans … A écouter les informations, demain l’annexion du Canada aux USA et d’autres curiosités relevant de la farce.
    Attention, l’invraisemblable brutalement peut devenir réalité !

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