En vain, d’Alsace; épisode 50: LE FOND DU VERRE EST FRAIS

Ambroise Perrin

C’est la dernière goutte, tu te maries dans l’année ! Dans le brouhaha, l’ami espagnol me dit, non, la dernière goutte de vin c’est le droit d’aller faire une petite sieste, va dormir deux minutes sur le canapé, et reviens, c’est du Ribera del Duero , Pago de Carraovejas 2021, la meilleure année ! Une vigne qui se bonifie par le froid la nuit et un soleil flamboyant le jour !

Franchement j’avais goûté cinq jambons différents, un plat de queues de bœuf marinées trois jours, avant d’être cuisinées à basse température, et testé quatre bouteilles différentes, -les amis se disaient « vinophiles », ce qui était moins prétentieux que œnologues, bref ça picolait sec et l’extrême qualité de ces grands crus excusait le manque de retenue quand un goulot se penchait sur votre verre.

Donc, plutôt prudent, j’imaginais déjà appeler un taxi pour rentrer chez moi; le canapé m’attendait, je me suis dit « allez, cinq minutes »…

J’avais présumé de ma capacité à jouer au spécialiste taste-vin puisque c’est le lendemain qu’une douce main me réveilla, « tu dors depuis hier soir tu ne veux pas rentrer chez toi ?,  je t’ai préparé un café… ».

Les vins espagnols, pour un alsacien rompu aux subtilités du gewurztraminer, sont comme le bulldozer face à une trottinette : cela avance doucement mais en écrasant tout sur son passage. Un peu traître, mais plein de bons souvenirs.

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