En vain, d’Alsace ; épisode 10 : PATSY, CHANTEUSE DE COUNTRY, A LA RECHERCHE DE LA FAMILLE KLEIN 

Ambroise Perrin

Un an avant sa mort tragique, le 5 mars 1963, dans un crash d’avion de retour de Kansas City, Patsy Cline avait tenu à faire un pèlerinage sur les traces de sa famille, les Klein, d’Erstein. Le grand-père, Simon Klein, était né en 1861. En 1878, il a 17 ans et le service militaire allemand étant devenu obligatoire pour les Alsaciens et les Lorrains, il décide de tenter sa chance en Amérique. Sur le bateau, il rencontre un autre Simon, Simon Marrix, de Mertzwiller, futur papa des Marx Brothers. En effet à Rhode Island les services d’immigration américanisèrent les noms, Marrix en Marx et Klein en Cline. 

Patsy était une chanteuse de country-music extrêmement célèbre aux États-Unis. Une Queen of Country. Sa fiche Wikipédia précise « aussi populaire que Johnny Cash ou Elvis Presley, ou en France, Dalida ou Serge Gainsbourg ». À New York, les deux Simon avaient épousé des artistes et transmis le virus du spectacle à leurs enfants et petits-enfants. Ils firent tous des carrières époustouflantes. Mais qui se souciait encore de l’Alsace ? 

À la poste d’Erstein, en ouvrant le Bottin, Patsy chercha les Klein de la région. Ils étaient légions. Dans l’automobile à Erstein, le droit à Obernai, le jardinage près de Molsheim, la médecine à Rosheim, la boucherie à Wissembourg, et un peintre bleu qui partit à Nice devenir monochrome anthropométrique et célèbre. Combien d’arrière-cousins et de petites cousines ? Patsy Cline va arpenter les villages des Klein autour d’Erstein, Se promener après minuit, Avoir de doux rêves, Aimer et perdre à nouveau, Laisser 3 cigarettes dans un cendrier, Être affamée d’amour. Que de chansons à succès en tête ! Elle distribuera des billets de 5 dollars aux enfants qui jouaient dans les rues et chantera Crazy, folle de se sentir si seule. Patsy Cline rencontrera à l’auberge Roëssel, devant la boucherie Pfister celui qui pourrait être un lointain frère. Ou l’homme de sa vie. Des larmes, l’amour et la nostalgie de l’Alsace, toujours en chanson : « Je suis folle, je savais que tu m’aimerais aussi longtemps que tu le voudrais, et qu’un jour tu me quitterais ». I’m Crazy for feeling so lonely, Ich bìn verrùckt mich so allein ze fühle.

4 commentaires sur “En vain, d’Alsace ; épisode 10 : PATSY, CHANTEUSE DE COUNTRY, A LA RECHERCHE DE LA FAMILLE KLEIN 

  1. Quite fascinating story ..mais sur le plan musical je suis d’avis que vous , Alsaciens , avez bien fait d’envoyer les « Klein » de l’autre côté du Great Continental Dividende …sa voie acidulée est bien dans les grandes plaintes du MidWest er guèe au delà !

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