Ambroise Perrin
Slimane El Laoui est, comme son nom l’indique, français, et quand on lui demande ‘’mais vraiment, tu es d’où, toi ?’’ il répond d’Elsenheim. C’est encore le Bas-Rhin, commune juste en face de Grussenheim dans le Haut-Rhin.
Slimane est Lieutenant-colonel de gendarmerie au GIGN, l’unité d’élite de la gestion de crises et d’intervention dans les prises d’otages. Il ne paraît peut-être pas grand et fort, il est spécialiste de nombreux sports de combat, notamment le krav maga, une technique très physique qui ne fait pas rigoler.
Donc ce soir-là, rue Clemenceau à Marckolsheim à l’autre bout de la gendarmerie, lorsqu’il sort du restaurant Little Italy et que trois malabars en goguette lui lance un ‘’alors Mohamed on a bien mangé, et on se tape une petite alsacienne, elle est jolie ta blondasse’’, Slimane ne dit rien, ne pense qu’à mettre son épouse en sécurité, et raidit les muscles.
Dans le métier, il y a une frontière infranchissable entre action en mission et petit problème personnel, ce qui ne veut pas dire se laisser casser la figure par des imbéciles racistes croisés par hasard.
Première étape, la force mentale, faire le dos rond ; deuxième s’excuser, ‘’pardon laissez-nous passer s’il vous plaît’’, troisième, et il est champion pour cela, la négociation, ‘’je vous paye un pot et c’est bon’’, quatrième, discrètement déclencher son portable pour contacter tout le bastringue, cinquième, et ce sera dans quelques secondes car Slimane sait anticiper, se préparer au contact physique. ‘’Eh Mohamed, on ne veut pas rentrer à la maison ?’’, que lui dit le gros rondelet en lui versant le reste de sa canette de bière sur le crâne. Sa femme entre-temps s’est réfugiée au restaurant, et tout cela a bien duré 30 secondes.
Sixième étape, après un ‘’désolé monsieur’’, deux coups pour se dégager car ils sont déjà à trois sur lui, et quelques prises inexpiables que l’on pratique avec le sourire à l’entraînement. Le gars immobilisé par terre est ko l’épaule bloquée, son copain est simplement assommé et les parties génitales écrabouillées, et le troisième qui sort un couteau, quel festival, il lui fait un peu peur en lui retournant le bras avec l’arme, à 2 cm des yeux, avant que la douleur au poignet, qui fait un bruit de verre brisé, ne lui la lui fasse lâcher. Les trois sont au sol, anéantis, ‘’neutralisés’’.
Les gendarmes arrivent, c’est eux qui vont gérer le trouble à l’ordre public ; les collègues de la police municipale se pointent, l’un dit ‘’quelle rigolade, mais on les connaît ceux-là, ils ne sont pas méchants’’ et Slimane disparaît avec délicatesse et officiellement anonyme.
Les trois racistes seront déférés au parquet sans que la victime n’ait à se déplacer, et les quelques spectateurs de la scène finale, sortis de la pizzeria, broderont une histoire que les familles des trois braillards en garde à vue n’arriveront jamais à démêler.
ça fait toujours plaisir des histoires où des racistes se font avoir et où les agresseurs se retrouvent au tapis ….; à bientôt au stammtisch, max
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C’est courant en Alsace?!
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oui, c’est une fiction qui fait toujours plaisir !
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pas mal. qui t’a renseigné?
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on est dans le même club de krav maga
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