Ambroise Perrin
Elle a lu ce sondage, à la question « êtes-vous heureux », 80 % des Français répondent oui, et même 81 % des Alsaciens répondent oui.
Elle marche dans les rues de la Krutenau, il y a du monde, elle compte, 1, 2, 3, 4, 5 celui-là est malheureux ; 1, 2, 3, 4, 5 … Elle se compte comme une ‘1’.
Si elle était malheureuse, elle serait une ‘5’… Elle se dit, j’ai tant de bonnes raisons d’être malheureuse, et elle me raconte son histoire. C’est effarant et quand elle a fini, soit elle exagère soit il y a de quoi se flinguer. Y-a-t-il des gens heureux qui se flinguent ou bien faut-il être malheureux pour le faire ? Le bonheur, cours-y vite il va filer. Elle me dit, je suis prof de philo, je pense à mes élèves, heureusement ils ne savent rien de moi, et je lui réponds, malheureusement ils ne savent rien de toi.
Ah ? – Oui, ils n’ont peut-être pas souvent l’occasion de se marrer.
Je pense à un toubib, remarquable, qui n’exerce pas en cabinet, sauf pour de rares remplacements en été. Je l’avais rencontré en été. Il se consacre à la santé des étudiants, dans deux lieux différents. Oui, « les jeunes n’ont pas souvent l’occasion de se marrer » comme dit la philosophe !!’
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Oui, c’est cruel, elle me raconte son malheur et je lui réponds que ça va faire se marrer ses élèves
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