En vain, d’Alsace ; épisode 69 : MON FILS, CE HÉROS AU SOURIRE SI DOUX 

Ambroise Perrin

L’histoire est d’une tristesse et d’une bêtise rapide à raconter. Il vient d’avoir 18 ans, il habite à Hautepierre chez sa mère, il a un peu de fric parce qu’il deale de temps en temps, et un copain d’un copain avait un bon plan pour aller se battre à la guerre.

Quelqu’un racontera qu’il l’avait entendu dire « je veux défendre la liberté » et il a raconté à ses potes qu’il partait en Ukraine. 

Il n’a vu aucun film de guerre, il n’est jamais allé au cinéma, mais il est accro aux clips sur les réseaux, surtout les trucs secrets où il faut un code spécial pour entrer. 

Le copain du copain du copain lui a donné sur place, après un long trajet en bus, un faux passeport, dans une ville qu’il ne connaissait pas, et quand il a dit que son vrai nom était Wagner tout le monde s’est marré.

Après, on ne sait pas comment, mais les nouvelles sont arrivées par l’ambassade de France, en fait c’est l’armée russe qu’il avait rejointe, probablement sans le savoir, et il est mort le premier jour, non pas en opération, mais en manipulant une grenade à la caserne. Mort au combat.

Les gendarmes ont dit à sa mère qu’ils surveillaient la filière mais qu’ils ne pouvaient empêcher les jeunes de passer les frontières, et ils ont ajouté « il est mort dans un accident, c’est mieux pour vous »

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