En vain, d’Alsace ; épisode 65 : L’INNOCENTE

Ambroise Perrin

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Si on cherchait à comprendre, on ne survivait pas. Rescapée de là-bas, Auschwitz, sa grand’mère n’en parlait jamais, elle hurlait toutes les nuits, on savait pourquoi, les voisins aussi, on ne disait rien. Elle, la petite fille, était hantée par Genet et Koltès.

Je l’ai rencontrée à l’entrée du TNS, élève d’une promotion où l’on osait écrire, elle m’invita à écouter son monologue, du théâtre ; tu verras cela n’a absolument rien de sociologique, c’est juste une manière de s’interroger sur la façon de parler de soi ; je ne savais absolument pas de quoi cela allait parler ; elle me dit, tu sais, on raconte toujours la même chose : éviter de demander « pourquoi ? ». Es gibt kein warum. Voilà, écoutez en lisant peut-être à haute voix et d’une seule traite. 

Le mec il m’dit, tu vois j’le connaissais pas le mec, il me dit lève ton pull, montre-toi, j’te jure, je touche pas et moi je dis ça va pas non, et il m’dit ben quoi t’as pas de sout c’est que tu veux bien, non, et moi je lui dis, ben non, j’veux pas, alors il me dit, allez, sois sympa, montre-moi, et je savais bien que si je lui montrais, il allait toucher, je le connaissais pas ce type mais ça se voyait qu’il aimait les gros nibards, alors je lui fais, bon regarde et je descends mon fute, tu vois là comme ça, avec le risque que tout le monde regarde, j’baisse mon fute et le slip avec, ensemble, alors là le mec, il était scié, dingue, il osait à peine mater, alors je lui fais ben quoi, tu veux pas regarder et tu sais, quand je serre les fesses, ça fait bouger ma chatte, mais grave, ça s’ouvre, ça se ferme, mais vraiment, tu ne vois que ça et le mec il est scotché, il mate un peu et il me fait mais t’es une salope toi, une vraie salope, moi j’touche pas une salope, t’es vraiment dégueulasse, alors je me mets le doigt dedans mais tu vois, d’un coup, jusqu’au fond, et je fouille un peu, et je ressors, y’avait un peu de blanc, ça coulait sur le doigt, le mec il est écœuré, mais alors dingue, il me traite de salope, salope, salope, t’es complètement dingue il me fait, et il se casse, bon débarras, mais moi du coup j’avais envie, mais vraiment envie, mais dingue, dingue, dingue, alors je me frotte le clito, mais à toute blinde, la branlette d’enfer, comme une folle, je frotte je frotte je me retourne si jamais on me voit et je frotte, je ferme les yeux et je sens que ça vient, que ça va être le truc super fort, pas comme une baise à la con, non, le super méga pied, le truc super dingue, et alors je refous mon doigt dedans mais là tout doucement et là ça va vite, ça monte, ça monte putain ça vient mais dingue, j’ai vraiment envie de crier tellement que c’est bon, le pied mais le pied mais aucun mec ne m’a jamais fait ça, j’arrivais plus à respirer, j’avais envie qu’on me frotte les nibards, je me passais la langue en haut en bas sur les lèvres, j’aurais sucé dix queues de suite et puis j’ai senti l’élastique du slip qui serrait, j’ai remonté mon fute, je suis sûre que cela se voyait sur ma tronche, je sais plus si j’étais complètement crevée ou si j’avais encore envie, en tout cas j’avais plus faim mais soif, j’suis allée au tuyau prendre de la flotte, ça débordait dans mon cou et j’ai senti le froid sur la pointe des seins, putain ils étaient tendus comme des flèches, j’avais vraiment envie de me frotter, c’est là que j’ai vu le Président, je ne sais pas ce qu’il faisait là, je suis sûre que c’est par hasard mais rien qu’en voyant ma gueule il a dû comprendre parce qu’il a fait un drôle de sourire, j’aurais pu faire comme si de rien mais j’ai juste un peu serré les yeux alors il m’a regardée et j’ai compris qu’il avait compris, j’ai ouvert la porte des chiottes et j’ai pas fermé, il est venu, il savait pas comment faire il pétait de trouille c’est évident, d’abord j’ai un peu levé mon pull, il osait pas toucher alors je lui ai ouvert son froc putain il bandait mais comme un dingue, mais tu parles j’avais à peine baissé son slip qu’il se met à gicler, comme une cascade, ça touche mon pull, et l’autre con il est là il me dit merci, je t’aime, je t’aime, quel con mais moi j’avais vachement envie, alors je le regarde droit dans les yeux, il était là tout con comme s’il avait couru les Jeux Olympiques, la langue dehors, j’ai voulu prendre sa main mais j’ai bien vu qu’il saurait pas faire alors je me suis branlée devant lui, tout doucement et de plus en plus fort, c’est venu exactement quand j’avais envie, j’avais l’impression que ça glissait le long de ma cuisse et lui il osait pas bouger, je l’ai mis dehors puis je suis sortie putain, j’étais excitée, je retrouvais plus ma copine, je regardais les mecs comme si je pouvais les baiser tous, j’ai vu mon connard de dos avec une pouffe, ça devait être sa femme, je suis passée tout près il a pas osé regarder, moi ça me faisait marrer j’allais pas le faire chier, je sentais mon pull qui frottait sur la pointe de mes nibards et je me disais que j’étais une vraie salope, ça me plaisait bien, la fête continuait et je me suis un peu baladée et j’ai vu l’autre petit con, celui qui était avec le connard d’avant, alors j’avance et je lui dis salut, salut qu’il me répond, et je me dis-toi mon mec, t’es bon, tu vas voir, alors je lui dis tu viens, on va boire un coup alors il me dit ben oui, si tu veux, t’es seul je lui demande, il me dit non mais je ne sais pas où ils sont les autres alors je me dis, c’est bon toi, alors je l’amène aux chiottes, et il a vraiment cru que c’était bon, tu parles, le con et je lui dis laisse-toi faire tu verras je lui baisse son froc putain il attendait que ça et là je me suis dit toi mon mec, tu vas pas rigoler, alors je lui dis il faut que je te fasse un truc alors donne-moi ta chemise sinon on va nous entendre je lui mets son mouchoir dans la bouche et avec sa chemise je le bâillonne, il veut l’enlever mais je lui dis laisse non, respire par le nez, tu verras, t’as jamais connu ça, et je descends, je commence à le sucer putain là je pouvais faire ce que je voulais de lui il était là, à mes pieds, comme le petit connard qu’il était, je lui dis attends et je prends la cordelette du rideau et je lui dis retourne-toi, penche-toi, je voyais son braquemart comme un cœur qui bat, il aurait tout fait pour que je continue, alors je lui ai attaché les mains dans le dos, je savais pas encore ce que j’allais faire mais je savais ce qui allait se passer, putain, j’ai serré, mais serré, il a tourné la tête, il avait une gueule d’enfer, il a vraiment dû se demander ce qui se passait, et moi je lui dis t’en fais pas tu vas aimer et je lui flanque une torgnole sur le braquemart qu’il a ouvert des yeux comme des soucoupes et là j’ai vu qu’il pouvait pas crier, rien, il avait envie de gueuler, de dire arrête, fous-moi la paix, mais que dalle, rien qui sortait, baisé le mec, alors doucement j’ai pris mon épingle, la seule chose que je voulais pas, c’est de voir du sang, je supporte pas, donc il fallait l’enfoncer jusqu’à la limite où ça pète quand ça entre, j’ai commencé dans la bite, puis les roustons, il a essayé de me cogner mais avec les bras coincés dans le dos, dans le chiotte, il pouvait pas bouger, là je crois qu’il croyait encore que ça faisait partie du jeu, qu’il allait encore prendre son pied, que c’était un truc qu’il connaissait pas et qu’il allait avoir l’air d’un con s’il se laissait pas faire, alors je lui ai souri, je l’ai resucé trois quatre fois et il est revenu, bien dur, il avait de nouveau envie, alors je lui ai attaché les pieds avec l’autre bout du rideau, et là il était cuit, il pouvait plus bouger, juste monter son cul et le laisser retomber sur le chiotte, alors je l’ai un peu branlé, pas trop juste qu’il se calme, je me suis mise debout sur ses cuisses, avec mes talons, j’avais ma chatte à 3 centimètres de sa gueule, il avait les yeux comme un dingue, il crachait, il toussait de l’intérieur, son nez on aurait dit un sifflet et je me suis branlée en ouvrant et fermant la chatte, il devait avoir vachement mal aux cuisses parce que je tapais du talon, il arrivait plus à bouger pour me faire tomber, alors j’ai repris l’épingle, je crois qu’il l’avait oubliée et je lui ai mis sur son cou et j’ai appuyé, appuyé, putain ça s’enfonçait sans percer, mon truc c’était ça, surtout pas de sang, il avait les yeux qui sortaient, le nez qui s’ouvrait, il avait bouffé la moitié de sa chemise, je lui ai mis ensuite l’épingle de l’autre côté, il y avait une tâche violette puis j’ai essayé sur la tempe et là ça s’est mis à pisser, connard, salaud, je veux pas que ça saigne, je lui ai filé une beigne d’enfer sur le pif, j’ai cogné mais vraiment comme j’ai jamais cogné, et là le sang s’est mis à pisser, il pissait du nez comme une vache, ça faisait un boucan d’enfer parce qu’il arrivait plus à respirer et il avalait le sang par le nez alors je l’ai cogné dans les couilles, des coups de tatane sur la queue, il est tombé, je lui ai sauté sur le cul, il avait la gueule sur le chiotte, j’ai posé mon cul dessus, je crois que si j’avais pu chier je l’aurais fait, j’étais à la fois dans une fureur dingue, complètement excitée et en même temps complètement calme, je voyais très bien ce que je faisais, j’aurais pu dire à l’avance tout ce que j’allais faire, en même temps je tapais dans tous les sens, je faisais juste gaffe à pas faire trop de bruit, j’avais les seins qui dégoulinaient de sueur, j’aurais voulu avoir une glace pour me regarder, c’est toujours super excitant sans soute, j’voulais pas enlever mon pull, car j’savais pas où le poser dans ce bordel mais la laine me grattait, je me suis frottée de partout putain c’était bon pendant que l’autre con il grognait encore, je l’ai retourné ça saignait pas trop sur sa tempe, je me suis dit que j’avais touché le cerveau en rigolant, je crois qu’il s’est mis à dégueuler parce que ça schlinguait de son bâillon, il avait dû vomi qui sortait du nez, ça allait sortir des oreilles le con, je me suis accrochée à ses couilles pour tirer pour voir ce que ça allait donner, c’est super solide, ça se tire mais ça bouge pas, ça devient très petit mais quand même élastique, je suis sortie en bloquant la porte, je me suis passé un coup de flotte sur la tronche et j’ai cherché les autres et tout de suite j’ai vu l’autre gamine qui rigolait avec le connard, je lui ai dit viens que je te raconte, je viens de me faire sauter par un mec mais génial, une baise d’enfer tu peux pas savoir le pied, la gamine me regardait et disait ah bon, tu crois, t’as déjà baisé je lui ai demandé ben oui qu’elle a dit mais je suis certaine qu’elle était jamais passée à la casserole et je lui ai dit ben à ton âge tu devrais commencer, ah bon, tu crois qu’elle fait, mais faut que ça me plaise, et je lui dis viens je vais te montrer un truc entre nanas, tu sais la baise y’ a que ça de vrai sinon t’es une conne et on a recroisé l’autre connard, il m’a regardée et je lui ai dit t’as envie il savait pas si c’était pour de bon, je suis sûre qu’il l’avait jamais fait comme ça, en fait moi aussi, je l’avais jamais fait juste comme ça, et je lui dis ben viens, je suis avec ma copine, et viens je lui dis à elle, tu vas voir, c’est génial, et on est allé derrière, elle avait envie de se barrer, mais pas question je lui dis tu restes, c’est tout, c’est moi qui te le dis, elle savait pas quoi faire, je me suis frotté la chatte à travers le fute le mec il avait l’air con, il a commencé à se toucher sur le jean moi je sentais mes nibards qui montaient, alors j’ai mis doucement ma main dans le slip de la gamine, elle savait pas quoi faire mais elle avait tellement les ch’tons de passer pour une conne devant le mec qu’elle se laissait faire elle osait pas le regarder, je crois que si elle avait levé les yeux elle se serait barrée, alors j’ai eu l’idée de génie, je lui ai dit retourne-toi je lui ai levé la jupe et je lui ai dit t’en fais pas garanti personne voit ton cul on est bien planqué et j’ai commencé à la caresser, là j’ai vu qu’elle savait ce que c’était parce qu’elle a tout de suite mouillé, je lui ai mis un doigt dans la chatte mais tout doucement, elle a crié ça va pas non mais je lui ai dit mais si laisse-toi faire, je sais moi et j’ai fait signe au mec qu’est-ce que tu attends, putain il a baissé son froc mais il osait pas, alors je lui ai dit mais vas-y, connard, elle veut que ça, tu crois qu’elle est ok qu’il me demande le con mais oui je te dis qu’elle adore ça, et l’autre qui dit non non j’veux pas, j’sais pas et moi je lui dis-moi je sais, t’as envie mais tu n’oses pas, avoue, mais je sais pas moi qu’elle dit, t’es sûre, mais oui tu verras c’est complètement génial alors il s’approche, il bandait tellement qu’il était prêt à gicler, moi je lui tiens le cul à la gamine, j’enlève ma main, et l’autre il veut entrer mais il trouve pas le trou le con, je lui prends la bite pour l’aider et il lâche tout et il s’excuse putain j’en avais partout et ça sent tout de suite très fort mais c’était pendant ce temps-là que les autres sont arrivés ils disaient rien, ils regardaient comme des cons, y en a pas un qui se marrait, alors j’engueule le con qui est là avec sa bite qui goutte et qui a peur de salir son slip, la gamine elle se demande si c’est pas exprès qu’il est pas entré parce qu’elle demande c’est tout ? et les autres se marrent, alors je dis bon c’est chacun son tour, elle demande que ça et l’autre il me demande, comme l’autre avant, t’es sûre que c’est ok, et moi je dis oui, c’est sûr et certain, vas-y, bon ben qu’il fait comme si c’était un ordre et qu’il fallait obéir, alors il baisse son froc mais il sait faire, il la retourne, il lui remonte les cuisses et schlac, d’un coup, il la saute putain la gamine elle hurle, c’est sûr que c’était la première fois, elle braille comme une dingue, je lui mets la main sur la gueule et je crie mais t’es dingue, tu veux alerter tout le quartier, ta gueule, alors elle dit doucement dis-lui d’arrêter, ça fait trop mal, et je lui dis ben non, quand on commence, on termine, et déjà y avait un autre qui suivait, pousse-toi qu’il disait quand l’autre venait de gicler et il se l’est faite en cherchant il a pris sa main pour trouver le trou, la gamine disait non non j’veux plus et moi tranquillement j’ai dit continue, c’est comme ça, alors j’ai bien vu que ses yeux voulaient me poser des questions et je lui ai dit y’a pas de pourquoi.

3 commentaires sur “En vain, d’Alsace ; épisode 65 : L’INNOCENTE

  1. oui, référence ou disons lecture de Elfriede Jelinek prix Nobel, (et Werner Schwab, les Présidentes)

    https://search.app/3LuwxF7LjTt5oAHv6
    L’ouvrage développe les règles d’expression d’une pornographie exclusivement féminine, ce que son roman suivant Lust (1989) approfondit37. Ce récit est la description, libérée des toutes conventions littéraires, d’une relation pornographique entre une femme et son mari chef d’entreprise34. L’écrivaine définit son objectif de la manière suivante5 : « Explorer toutes les possibilités les plus complexes du langage pour déconstruire le programme idéologique à la base des sociétés humaines, à savoir la dialectique maître-esclave qui voit le triomphe, sur le plan intime et social, de l’exploitation par un dominant de la force de travail d’entités dominées, en l’occurrence par l’employeur de celle de ses employés et par l’homme, celle de la femme. La figure du mari-patron correspond à une idée normative car la violence exercée physiquement et psychologiquement sur sa femme est la même qu’il inflige symboliquement dans son usine à ses ouvriers. »

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