Ambroise Perrin
Il y a un arrêt de bus Ritmo devant le quatrième bloc, le 11 rue des Fourmis. On distingue encore des bordures arrondies, sous la mousse, et l’on a coulé un béton gris fonctionnel pour les passagers qui attendent sans savoir qu’ils foulent debout des souvenirs. Même les mauvaises herbes semblent différentes, d’ailleurs l’herbe est rasée comme du gazon. Ce ne sont pas les habitants qui la coupent pour des lapins, derrière, dans des cages sous les balcons, c’est une entreprise de jardinage qui passe de temps en temps.
Qui oserait aujourd’hui s’étaler dans l’herbe sur une couverture pour n’attendre personne, et rester dans la rue couché au soleil à chantonner et à voir passer parfois une voiture ?